Samedi 17 mai 2008

Apres quelques chameaux sauvages et grains de sables plus loin, Liuyuan nous apparait au coeur de dunes noires de charbon, ses mines, son chemin de fer, sa gare...
Enfin Urumqi en premier apercu, avec traversee de son parc du peuple, incroyablement gratuit et rempli de chinois en exercice.
On saute dans un bus pour le lac de Tianchi au pied du pic de dieu ( 5500m et des bananes).
Normal, on paye l'entree au prix tour eiffel, on evite les bus d'ascension et on economise du kuai en endurcissant nos mollets (des marches (?) sur 5 km de montagne...)
Apres l'apprehension traditionnelle face a tout site touristique chinois, nous resterons pour la nuit sous yourte kazhake.
Le lendemain avec peu de temps, le tour tranquille du lac s'impose.
Il sera de 5h de montees et de descentes toujours en circuit maconne.
Pas de franche rigolade (beaucoup moins qu'avec nos comperes anglais d'un soir (la veille)), juste un petit rictus en pensant a la volonte politique de classer le lac au patrimoine de l'humanite.
Ce serait comme declarer la cite des 4000 aux monuments historiques...

Retour a Urumqi en escorte uighoure.
Urumqi est la capitale du Xinjiang ou region autonome uighoure.
Les Uighurs forment un peuple metisse, musulman avec une racine culturelle commune avec la Turquie (langue et coutumes), ils nous aient assez plaisant d'avoir l'impression d'etre un peu deja sortis de la Chine...
Il nous faudra une semaine d'attente pour le visa kirghiz, nous la passerons en partie a Turfan, a 150m au dessous de la mer et a une temperature moyenne de 38 degres.
Oasis ou le raisin pousse a foison, nous retiendrons la visite de Tuyoq, petit village perche a l'architecture traditionnelle uighoure, considere comme "La Mecque" chinoise.
Les chichs kebabs, les laghmans et les yoghurts nous laisseront aussi un tres bon souvenir.


ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Lundi 12 mai 2008

Petit tour dans la ville de Zhangye pour une visite touristique du plus grand bouddha couche de Chine, grosse sensation d'une ville qui se revelle, des plus de 60 ans en pleine gymnastique sur la place principale et centrale de la ville; tai chi,  danse a éventail, rythmes techno, a fond sur les équipements prévus pour genre jeux d'enfants. Chinese street life...
Zhangye est sur le corridor du Hexi, passage obligé de la route de la soie entre Chine et Asie Centrale.

Jiayuguan, la ville suivante en est la porte, ou plus exactement la bouche (la bouche de la Chine).
Entourée de désert, Jiayuguan était a l'origine une place forte militaire, porte de la grande muraille a son extremité ouest.
Deux sections de cette muraille ont été conservées, ou plus exactement reconstruites nous offrant  les premieres impressions des talents de faussaires historiques de la politique touristique chinoise (on le s'avait, on l'avait déja constaté, mais la c'est énorme...)
Le famous fort de Jiayuguan est encerclé d'un vaste lac et magnifique parc d'attraction (le terme d'attraction étant d'ailleurs utilisé pour désigner chaque monument historique...) et toute les commodités d'un bon parcours touristique; tirages de fleches, pose avec armures, caillous souvenirs... Le musée uniquement en chinois n'est que constat d'évidence, énormes scultures contemporaines bouche-trou et photos des chambres de l'hotel d'a coté... Nous y glanerons tout de meme quelques infos.

Encore un brin de désert vers Dunhuang, étape importante pour la visite de ses grottes bouddhiques de Mogao, ensemble de caves d'époques différentes peintes renfermant de multiples écrits (pour la plupart détruites ou disséminées a travers le monde lors des différents pillages ou explorations archéologiques occidentales).
La ville respire de propreté en constraste avec le désert qui l'enserre, on sent l'influence de l'afflut de touristes sur elle.
Des notre arrivée, le petit tour de vélo s'impose. Apres la ville, nous nous dirigons vers le crescent moon lake, un lac en fort de croissant de lune au pied d'énormes dunes de sable, principale attraction de la ville avec tour de chameau et basejump du sommet des dunes.
Devant le prix de 120 kuai (12 euros) nous décidons un boycott en bonne et due forme apres une petite réflexion et autre tentative de contournement de l'entrée (trop de barbelés!).
Pas la volonté de payer pour un paysage, sans construction humaine, ni effort (on ne peut s'empecher la comparaison avec la tour eiffel et son entrée a 9 euros...).
Nous nous rabattons sur un petit tour de vélo dans la périphérie de Dunhuang, avec ses champs, ses constructions en pisée et ses canaux d'irrigations, hautement plus instructive.
Les grottes de Mogao nous laisseront également assez dubitatives sur les constructions en béton dénaturant le site et le soin réel de préservation, elles restent, au demeurant, extremenent riches d'enseignement.
Apres un tour par le passage de la porte de jade, par le parc national de Yadan et d'autres sites historiques soigneusement accompagnés de constructions énormes a leurs abords, genre musée en forme de fort moyen-ageux construit en 1990, il nous parait difficile de ne plus douter de la réalité de tout, les chinois étant les champions du faux, de la contrefacon et surtout du moyen de le monayer.
One world, one dream...

Mais le marché de légumes sans inspection sanitaire, qui se transforme en restaurant urbain aux multiples cuisiniers le soir venu, est bien réel et le restera dans nos mémoires (juste a l'opposé du night market, qui est lui a éviter...)


ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mercredi 7 mai 2008
Petit récapitulatif sur les jours précédents.

Départ de Xi'an, destination Lanzhou, ville transit du Gansu ou nous effectuons une traversée express d'une gare de bus a l'autre... no comment.

Nouvelle étape: Linxia. Ancien point relais important de la route de la soie, située dans les montagnes, est, de prime abord, de peu d'intéret. Avec une population principalement Hui de religion musulmane, elle nous offre un réveil aux aurores par l'appel a la priere.
Une exploration plus intime, nous fait découvrir des ruelles étroites, longant des murs d'habitations en terre en décallage par rapport aux grandes avenues bordées de batiments de céramiques blanches salle de bain sans attrait.
Ces ruelles menent a quelques mosquées (tres nombreuses dans la ville) ou marchés métissés.
La sonnorité de la langue chinoise parlee ici nous rappelle le mongol: une communauté bouddhiste et des personnes originaires de Dongxiang, de langue altaique, y coexistent.
A l'origine, depuis Lanzhou, la destination privilegiée était Xiahe, petite ville des montagnes avec temple bouddhique et occupants massivement tibétains.
Devant l'impossibilite de prendre un transport pour celle-ci, apres moultes tergiversations, remise de photocopies de nos passeports, nous avons optés pour un trajet mi-distant, Linxia.
A Linxia, nous apprenons que la région était fermée aux étrangers il y a deux semaines et que nous étions toujours personna non grata a Xiahe, scene de manifestation et donc de répression...

One world, one dream.
Le slogan des olympics games - Beijing 2008 nous trotte dans la tete.

De Linxia, nous passons a Xunchua en passant de montagnes en vallées avec yacks, chevres a long poils (ou moutons a poils de chevre).
Une succession de paysages désertiques avec neiges éternelles, florissants de printemps ou encore endoloris de la fonte récente de la neige.
Les constructions en terre se succedent, confondues au paysage, ou disparaissant du fait de leur inutilité.
De simples traces marquant légerement le territoire de leur passage, comme des vanités, a l'opposé de la prétention monumentale, nous rappelant l'impermanence du monde, en bonne définition du developpement durable, publicité (plebiscité) en pays développé. 

Xunchua, sur le fleuve jaune (encore a peu pres bleu), ne sera pas imperrissable de souvenirs, nous aurons le plaisir d'etre bien servi en brochettes de viande.
Nous passons par Xining dans le Quinghai, en coup de vent, juste le temps de nous dégotter une gargotte tibetaine, petite compensation de la manie de la gouvernance chinoise a réprimer.
Nous aurons droit a nouveau aux buzz ( raviolis de mouton, cf mongolie) en soupe de légume, avec le parfum du mouton épicé par les herbes qu'il consomme (le vrai sens d'élever en plein air?).
Meme si les autres clients nous fixent intensément, nous nous y sentons bien, une petite bulle éloignée du clan omnipresent han.
Quelques mots et remerciements en mongol plus tard, nous ne manquerons pas de redescendre en Chine en payant 2 kuais les toilettes (enfin chiottes) les plus miteuses (et la competition est rude) de tout l'empire du milieu (sans doute jamais lavee depuis la dynastie wei).
La destination suivante; Zhangye dans le corridor du Hexi, la ligne de passage obligée de la route de la soie, entre désert et montagne.
Un bus prévu de 10h, en mettra 5 de plus apres démontage intégral et dépannage du moteur dans un petit village a coté d'un ruisseau au flot continu blanc lessive et aux berges immaculées de détrituts.
One world, one dream.

L'attaque virale subite subie nous oblige a différer la mise en ligne de photos, nous compléterons les articles ultérieurement...

ajouter un commentaire commentaires (6)    recommander
Mardi 29 avril 2008
Dérive massive de hutongs avant notre départ de Beijing (Debord y ai-t-il passé, Rumney surement, meme s'ils sont fragmentés et éparpillés par de grandes avenues et son lot de tours, ces quartiers de hutongs vibrent encore du génie (génie de simplicité) urbain et humain qui les a construits et se les ai appropriés)  nous prenons le temps de passer a wukesong avec son marché spécialisé photos pour une raison technique (et notre plaisir); le matériel photographique ancienne école nous impose sa limite, son photometre lache, il nous reste la nouvelle technologie.
Nos esprits vacillent, des leicas nous tendent les bras, des rolleiflex par ci par la et notre horaire de bus couchette qui se rapproche a grands pas...
Enfin devant les prix élevés des photometres indépendants, on se rabat sur un holga, moindre compensation, pour un appareil avec sa propre qualité mais tellement mythique...
Nous prenons notre bus avec trois passagers, il sera vite rempli par un détour en pleine campagne avec chargement de chinois et de cartons manufacturés... toujours le business.



Xi'an (ouest'paix) nous fait découvrir un milieu urbain turbulent, une population éclectique, jeune et "riche" adepte du shopping (le mot doit etre chinois, enfin commerce...), une circulation intense avec des flots de bus continus sans attente (Paris pourrait prendre modele), des scooters uniquement électriques (les Parisiens pourraient prendre modele...), des quartiers métissés et surtout un passé qui semble bien se marier a la modernité (ca pastiche pas mal quand meme...)

Nous nous décidons pour un passage obligatoire par la case de l'armée enterrée pour constater le passage encore plus obligatoire par une ville nouvelle (absente lors d'une premiere visite il y a 3 ans ) mal pensée, dévolue au commerce des petits soldats de plomb et vide d'habitants... attendons l'appropriation...

Pour continuer les tuiles technologiques, un virus nous fait perdre plus d'une centaine de photos. Nous serons plus méfiants a l'avenir et puis un génie de l'info pourra peut etre nous les récupérer en France...
Le plus embetant, une photo d'une famille mongole qui nous a invité a manger chez eux, a qui nous avions promis de leur envoyer.
Ca ne se fera donc pas, zen attitude nécessaire...
Enfin c'est bad qu'en meme!


ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 23 avril 2008
Beijing, 09h30

La région d'Ulaan Bataar est encore asséchée de sa sortie de l'hiver et le moindre vent souleve un épais nuage de particules de terre.
Nous quittons la ville dans cette atmosphere par le train de 20h00, direction Zamin Uud, ville frontiere avec la Chine. 
Avec un soleil couchant filtré par une brume épaisse de poussiere, l'agglutination hors limite de yourtes sédentarisées démontrait une nouvelle fois la phagocytation urbaine de l'espace nomade.


Apres une halte express a Sainshand, nous passions la frontiere entre Zamin Uud et Erdin en moins de 5 heures en jeep (les 2 villes sont distantes d'une petites dizaines de kilometres).
Ralenti par le chargement de quelques kilos de minerais planqués a l'arrache partout dans le véhicule (le passage illégal de minerai est un gros probleme en Mongolie, c'est une des rares richesses sur laquelle elle peut compter pour son développement), puis par les fanfaronnades de notre chauffeur pressé de gruger un maximum la file de véhicules, puis par une panne, un démontage d'injection vite aif', le passage fut facilite par complice interposé.
De toute facon, nous étions sans doute l'excuse (pour rassurer les familles, nous ne risquions rien, les passages de douane se font a l'exterieur du véhicule, enfin si ca peut rassurer)...

A Erdin, nous avons pris un bus couchette direction Beijing.
Juste a la sortie d'Erdin, ou le Gobi s'étire a l'infini, plusieurs sculptures approximatives de dinosaures en metal, assurement hors échelle, sont installees en situation sur les abords de la route sur 3-4 kilometres pour finir par une arche de 2 diplodocus se faisant un bisou.
Sympa.

A Beijing, c'est l'effervescence.
Les travaux se poursuivent, les quartiers de hutongs se parent de briques grises collées le long des voies principales le temps des JO. Elles se décolleront toutes seules dans 6 mois.
Les JO les pressent de comprendre l'importance des hutongs, l'importance économique.



Dans l'axe de la place Tiananmen, face a Quianmen, une nouvelle rue "typique" voit le jour.
Paris se muséifie parait-il, la Chine créerait-elle son passe de toute piece?...
La silk road, marché type puce pour touristes, s'est transformee en centre commercial, avec des box a la marchandise identique ou les petites vendeuses jouent les pushergirl a coup de "cheaper" et "good price for you" (idem pour le pearl market).
Elles ont toutes le brassard rouge du parti.
Pour le reste de la ville, l'édification est en marche, en grande marche...






ajouter un commentaire commentaires (5)    recommander
Jeudi 17 avril 2008

Ulaan Bataar, Mongolie, 19h30

Sain bainu,



Sept ans apres un premier voyage en Mongolie, la Babylone mongole accentue la sedentarisation de ce territoire nomade, en competition avec sa voisine la Chine (toute proportion gardee). Elle a de moins en moins a voir avec la ville miteuse precedement visitee melangeant yourtes et immeubles type HLM.


Maintenant elle se gorge de voitures, pour la plupart neuves et coreennes, avec son lot de bouchons, de circulation inprovisee a la mongole, elle deborde de grues et de constructions, elle innove par ses amenagements urbains avec a la clef un systeme de ramassage d'ordures ( il y a 7 ans, les poubelles cramaient dans les bennes installees a cet effet en coeur d'ilots et en pleine ville), de la cuisine worldwide et des supermarches 7/7...
Bref retour dans cette ville tout de meme agreable (toujours plaisant de manger, de sentir le mouton local et de boire l'airag et le the au beurre de yak), avant de reprendre la route a travers le Gobi, vers Beijing (Pekin), troisieme etape precedant notre trajet prevu sur la route de la soie.




Le 8 avril, nous arrivions a Moscou ou notre impression en survol (le temps d'integrer ou reintegrer la lecture du cyrilique) etait celle d'une ville decousue sans trop de dynamisme, avec l'envie d'en partir au plus vite.
Apres quelques difficultes pour obtenir notre billet pour le transsiberien (plus exactement le transmongolien, pour notre cas) dues surtout a la lenteur administrative et a l'impassibilite de l'administration (plutot la passivite, celle qui doit bien arranger les gouvernants et leurs petites affaires...), nous sommes alles rencontrer Alexander Brodsky (yes!) dans son atelier, rencontre improvisee tres amicale qui nous fait dire qu'il existe une autre Russie et un autre Moscou...



Puis le transmongolien fut une experience particuliere, avec le paysage d'une Russie monotone, une terre inerte et brulee. Entre sommeil, prise de repas, langueur, incomprehension russophone, fluctuation d'emotions contemplatives... A faire ou a eviter, il reste mythique.

 


 

 


ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 8 avril 2008
... dans les airs ...


ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 8 mars 2008
cheval de soie


Le Cheval de Soie
est un trajet entre Xi'an en Chine et Venise en Italie sur le tracé des routes de la soie réalisé par Noémie Delorme, photographe, et Laurent Trierweiler, architecte, du mois d'avril au mois d'août 2008.

Découpé en un chapelet de territoires et de villes, le voyage se construit autour de l'observation de situations urbaines avec une attention particulière pour les architectures traditionnelles ou contemporaines ainsi que pour les positions du corps humain au sein des différentes cultures rencontrées, avec les divers codes sociaux et vestimentaires, dans ses interactions, ses mouvements...

Tout en cherchant l'instantané, l'anecdote inhérente à la vie en contraste à l'immuabilité (relative) des paysages, le projet Le Cheval de Soie se place en point de vue sur l'actualité.

L'histoire de ces routes de la soie est empreinte d'une relation forte entre l'économie, le commerce et la culture, la création qui relativise une globalisation mondiale nouvelle (?) et son lot d'inquiétudes.

Les pays traversés sont au coeur de mutations contemporaines d'influence mondiale.

Le Cheval de Soie vous propose une vision de ces territoires, patrimoine de l'histoire humaine où la circulation des biens, des personnes et des idées allait au delà de notre perception actuelle du monde souvent limitée en espace et en temps, entre sensation de déplacement intense et piétinement culturel.

Par nos regards émerveillés et optimistes sur le monde en devenir, nous vous convions à nous accompagner, heureux de partager cette expérience avec vous.


Noémie Delorme
Laurent Trierweiler

itinéraire
 

ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Le Cheval de Soie

  • : Journal digital d'une pérégrination contextuelle et photographique sur le réseau des Routes de la Soie.

???

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus